Une vieille Maison !

J'ai toujours la nostalgie de cette vieille émission qui passait le dimanche  soir à l'heure du repas sur l'unique chaîne de télé, l' ORTF.  
Dans ce blog, je vais essayer de vous faire partager ma passion des pierres à travers la restauration d'un Hôtel Particulier dans le quartier des Embarrats à Nérac
.
Histoire du quartier, de ses maisons du XVI ème et XVII ème siècles
.
Je vous ferez découvrir, au fil des articles, les châteaux de l'Albret.
 Je vous souhaite une bonne balade dans le temps .


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" Chefs d' oeuvres en périls"

Samedi 15 mars 2008


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Je ne peux exactement vous dire depuis quand , mais ça fait longtemps, très longtemps que cette porte n’a pas bougé. Non bien sûr je ne l’ai jamais oubliée, j’ai toujours su qu’elle était là, dans son coin, contre le mur, derrière un grand voile de toiles d’araignées et çà lui donnait un petit air pâlot et triste…

C’est peut-être aujourd’hui, non, pas peut-être, c’est aujourd’hui. J’attrape un balai,

la débarrasse de sa toile protectrice… voilà, c’est bien mieux… je la remets alors à sa place, la place qu’elle a toujours connue, la pièce du haut.

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Elle en a vu dans cette pièce ! Des gens qui rentraient et sortaient, qui buvaient, mangeaient, dans les rires et la bonne humeur, elles en a même vu pleurer… Et puis des cols pointus, des cols ronds, avec dentelles, sans dentelle, des cols de curés, elle a même vu des fraises ! Les murs bleus pendant un moment , puis rouges; de nouveau bleus; elle a vu les meubles changer de place, revenir à leur place avant de disparaître un jour définitivement et être remplacés par d’autres…Elle a même vu partir celui qui en avait tant vu, lui aussi, sans jamais bouger de place… le grand miroir…
Elle se rappelle aussi des coups de pieds qu’elle recevait à la moindre résistance qu’elle offrait à s’ouvrir…
Et, un jour plus rien, le vide, le noir, l’oubli…
Le temps qui passe, les chandelles qui vacillent, des ombres
La pièce est vide…

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texte et photos Gildas


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Jeudi 28 février 2008

 

Pour des clous
C’est déjà les vacances de février pour moi et bonne résolution, aujourd’hui je m’active. Les restes d’un vieil escalier à éliminer. Éliminer, ce verbe est effrayant, je suis un monstre, il faut que je fasse quelque chose…

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L’heure où le devoir du souvenir nous est imposé…et avant que le droit de penser ne devienne dangereux, je vous invite à avoir, avec moi, une véritable pensée et même à prier avec recueillement et sincérité, pour des clous. 

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Oui , pour des clous mais, pas pour n’importe quels clous, non………pour des vieux clous, des clous forgés un à un, à partir de lingots de minerai de fer qu’il a fallu arracher au ventre de la terre, des clous…..oui mais, qui sentent la souffrance la sueur, la faim, la misère. Des clous qui sentent la peine des hommes, de ces hommes qui comptent pour des clous.

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Aujourd’hui j’ai quand même sauvé une poignée de clous du bûcher inquisiteur… 

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illustration: photos et texte Gildas

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Mardi 12 février 2008

Non loin de la magnifique bastide de Vianne, à quelques lieues de Nérac, se découpe sur la crête d’un coteau, le hardi donjon de Montgaillard. 

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Les ruines du château de Montgaillard nous suggèrent une imposante construction. 

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C’est dans l’enceinte des murailles qui se rattachent à ce château que se trouve l’église du village.  

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Un village fortifié, incluant l'église paroissiale s'est développé au sud du château.

Les vestiges:

Reste d'enceinte ; donjon ; ouvrage d'entrée, défenses dans les murailles…
L’époque de sa construction remonte au 13e siècle.

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La porte fortifiée qui mène au pied du donjon, sorte de petit castelet


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Le donjon du côté nord

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Le donjon, flanc sud

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A l' intérieur de l' enceinte castrale subsistent un ouvrage d' entrée, un donjon et le mur sud d' un logis ou salle.
 

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L'intérieur du logis, côté sud

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La circulation entre les différentes salles ansi que l'accés aux défenses du château se font par des passages aménagés dans l'épaisseur des murs.

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Les ouvertures dans la muraille côté sud du logis 

L’archaïsme de la construction laisserait penser à une construction du XIIème siècle ( souvent constaté dans les constructions militaires de la région ), c’est probablement au 13e siècle qu’il fut érigé. 

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L'escalier à vis en voûte, tout ce qu'il en reste

Le gros-oeuvre est constitué de pierre de taille en calcaire.
 

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La voûte du premier étage, il faudrait faire quelque chose, non !!!

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Ce devait être la glaciaire du donjon, elle se trouve au rez de chaussée du donjon, elle a une profondeur approximative de 5 à 6 mètres de profondeur par 3,5 X 4,5

Historique :

Le castrum est mentionné en 1259.

Il est partagé entre 3 co-seigneurs, les Astaffort, les Padern et les Gontaud.

Jourdain de l' Isle en fait l’acquisition en1275.

Plus tard, Montgaillard, ( à l’époque Montgailhardo ) devint une dépendance de l’Albret, attesté par les lettres d’érection du duché d’Albret de 1556, qui attribuèrent Montgaillard au siège du sénéchal d’Albret, établi à Nérac.

 

Les vestiges de ce château appartiennent à un propriétaire privée.

texte et photos Gildas

 

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Samedi 2 février 2008

Nous n’avons pas pu sauver les planchers de cette maison, on ne l’a même pas envisagé un instant. Durant plusieurs années cette demeure a subi les outrages laissés par la succession des saisons, donc adieu vieux planchers, à noter que j’ai récupéré une bonne partie des clous forgés…

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Attention ne tombe pas!

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Une partie du plancher posé.

Après avoir arraché ce plancher ( il est posé à la française ) il faut maintenant mettre les solives à niveau, changer toutes celles qui sont en mauvais état, refaire certains assemblages de poutres, ( prise de tête pour trouver l’artisan ). C’est un gros travail, seul je ne me le sentais pas trop, avec le recul je pense que ça aurait pu être jouable et sans doute mieux fait… Bon!

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Au labeur, point ne se fera sans se retroussoir le pourpoint

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Un brin de vertige avec 3 étages sans plancher

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J’ai tout de même posé le plancher, au 1er étage il est en peuplier, posé à la française, comme à l’origine ou presque je n’ai pas utilisé de clous forgés, je sais c’est pas bien.
 

texte et photos Gildas

 

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Lundi 21 janvier 2008

Je n’ai pas résisté, après avoir fait restaurer ce vitrail je l’ai installé à sa place dans la grande pièce du second, sur le mur côté rue. Les travaux sont loin d’être finis dans cette pièce , mais tant pis je prends le risque de l’accident, ça donne de suite une atmosphère à ce lieu… Ca sent la fraise et le col pointu en dentelle ! Si, si, je vous l’assure.

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Nérac, au XVI et XVIIème siècle, à été une cour huguenote, Calvin y séjourna et prêcha la réforme.
Un clin d’œil à l’histoire de Nérac, rappelant l’importance du protestantisme dans cette région. (l’édit de Nérac préfigura l’édit de Nantes avec 30 ans d’avance)28 février1579: Édit de Nérac : Confirmation de l'Édit de Poitiers. 14 places de sûreté supplémentaires pour les protestants.

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De retour de Paris en 1576, Henri IV tient à Nérac en 1578-1579 avec Catherine de Médicis les conférences d'où sortit l'édit de Nérac.

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illustration: photos et texte Gildas

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Dimanche 13 janvier 2008

 

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Il devenait urgent d’intervenir, emprunter cette escalier relevait de la plus grande hardiesse pour ne pas dire inconscience. Les marches et contre-marches tenaient encore aux limons vermoulus par je ne sais quel miracle. C’est toujours pour moi très douloureux de faire disparaître ces traces du passé, on enlève à chaque fois un peu de son âme au bâtiment, mais que faire quand la restauration n’est pas possible.

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Comment ça tient ?

Se rapprocher le plus possible de l’élément à remplacer, tenir compte des matériaux utilisés et bien sûr de son style.

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Après la dépose un grand vide !

Il a fallu deux ans pour trouver un artisan qui accepte ce chantier, beaucoup se sont déplacés, sans donner de suite ni même de nouvelles, restaurer une vieille maison va devenir problématique, il n’y a pas foule pour travailler dans des lieux biscornus où l’angle droit n’existe que dans les rêves les plus audacieux. Quand on a la chance d’en tenir un il faut le bichonner …

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Le palier a été refait lui aussi

Les travaux concernent l’escalier entre le premier et le deuxième étage. L’escalier en place était en sapin et de forme très simple, échelle de meunier avec marche et contre marche.

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Les menuisiers en action

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Et voilà. Non ça ne restera pas de cette teinte...

illustration: photos et texte Gildas

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Dimanche 25 novembre 2007

Le donjon de Nazareth

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Par ce beau dimanche de novembre, ciel gris, pluie fine, luminosité de fin de journée d'hiver, j'ai traîné mes poulaines du côté d'un vieux donjon.

Je ne ramène que des photos d’extérieur, le propriétaire étant absent. L’hors d’une prochaine ballade je prendrai des clichés de l’intérieur, c’est promis. ( cheminées, cou sièges, archères, portes… )

A l’extrémité de la Garenne ( Jardin du Roi ) à environ 3 kilomètres au sud de Nérac se montrent les fières ruines du donjon de Nazareth. Ce nom oriental lui viendrait des Templiers, ses fondateurs.

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Amanieu d’Albret en fit hommage, dès l’an 1286 au roi d’Angleterre, seigneur d’Agenais.

Le paysage qu’offre Nazareth, sur la rive droite de la Baïse est magnifique et imposant, le temps gris de ce dimanche de novembre renforce cette impression que dégagent ces vieilles murailles, austères et gaillardes...

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Le site de la forteresse est déterminé par le confluent d’un petit ruisseau et de la Baïse, fournissant une défense qu’un fossé semble avoir complétée.

La construction essentielle est une tour, sans voûte, dont deux étages munis de cheminées subsistent. Elle a 9 m sur 7 en œuvre et des murs de 1,9 m d’épaisseur et domine l’emplacement du fossé.

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Elle est flanquée par un bâtiment plus étroit et de même hauteur, munie d’archères assez larges, en arc brisé, ouvertes dans des niches en plein cintre, largement ébrasées.

A proximité des substructions de murailles nous indiquent l’emplacement d’une tour carrée.

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Ruisseau au pied de la falaise 

Je viens de faire une petite escapade du côté de Nazareth pour ramener quelques photos supplémentaires. Pour les photos des cou sièges  ce sera pour une prochaine fois, pas d'échelle pour accéder à la tour !

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Les cheminées dans le bâtiment flanquant le donjon

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Archères de grande taille, trois sur le flanc sud, au niveau du 1er étage, 
( dans le "bâtiment étroit" )
 

illustration: photos et texte Gildas

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Samedi 24 novembre 2007

Le Bournac


vue-a--rienne-du-Bournac.jpgCe château se situe dans la toute proche périphérie de Nérac, en bordure de la Baïse. Une seigneurie a vraisemblablement existé au Moyen Age : un certain Bernard de Bournac est prieur de la commanderie d' Argentens en 1361. Ce château fût le fief d' Estienne de Vignolles dit La Hire, compagnon de Jehanne d'Arc au début du 15e siècle. En 1488, il appartient à Gabiot de Veyssier. Lors du siège de Nérac en 1581, le château est incendié par Biron, selon G. de Sevin : il a sans doute été reconstruit peu après, soit pour Gabiot de Veyssier, gentilhomme à la cour d' Albret et conseiller au parlement, époux de Suzanne Le Venier, soit pour Vincent de Pédesclaux, anobli par Henri IV en 1590, et dont le testament en 1597 mentionne la propriété du Bournac. 

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Aile sud du Bournac

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Le pavillon central

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Cours d'honneur

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Château côté Baïse

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 De cette époque datent le corps de bâtiment central, le pigeonnier, l' enceinte fermant la cour, une partie des dépendances et le jardin en terrasses descendant vers la Baïse, avec la fontaine. Nombreuses défenses, bouche à feu, meurtrière. Eléments fortifiés : tour à l' angle sud-ouest, porte cochère surmontée d' une bretèche. Démantelé en 1621, selon G. de Sevin. Propriété des Mazelières à partir de 1738, puis des Galard au début du 19e siècle. 


Défense de la tour sud
  
J. de Romas (1713-1776) emploie les pavillons latéraux pour expérimenter des paratonnerres. Importants travaux au début du 20e siècle : décor intérieur, escalier, terrasses, corps de bâtiment entre le logis central et le logement du gardien. Colombier détruit

 
  

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Brétèche aile sud

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La fontaine renaissance se trouve au pied des murailles
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Paratonnerre J. de Romas (1713-1776)

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Cheminée corps du logis
 

illustration: photos et texte Gildas

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Lundi 5 novembre 2007

J’ai mis un certain temps pour passer à l’étape de la « restauration  » concernant certaines poteries. Tout mon savoir en restauration de poteries se résumait à ce que j’avais pu voir dans les musées.
Effectivement j’avais pu  observer que parfois, les parties manquantes étaient  refaites en « plâtre », mais ça ne pouvait que ressembler…à du plâtre, quel type de colle utiliser pour assembler les tessons ?
C’est sur les conseils avisés des personnes qui ont effectué l’étude détaillée des poteries découvertes dans le puits que j’ai pu, non sans une certaine appréhension, « restaurer » certaines pièces.
La première étape, après avoir bien sur, effectué le trie, est de recoller les morceaux. La colle à utiliser c’est tout simplement de la colle à bois, cela permet de respecter l’intégrité de la pièce à restaurer, en effet il suffit de faire tremper dans de l’eau les pièces qui ont été collées pour leurs redonner leurs aspects d’origine.

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La partie supérieure de l'assiette a été nétoyée avec du produit pour sol alors que sa partie inférieure a été rincée à l'eau.

La deuxième étape sera de refaire les manques avec du plâtre à moulage. J’ai masqué un côté du plat ou de l’assiette avec du carton et ensuite j’ai coulé mon plâtre. Il faut que le plâtre soit un peu liquide mais pas trop…. Si ça ne plait pas , pas d’angoisse on trempe dans l’eau et il en sort un escargot tout chaud… mais non, mais non, on retrouve  notre poterie dans son état de fouille. Ouf…
La troisième étape le ponçage, de la patience et du papier de verre fin…
Je suis resté à la troisième étape concernant la restauration de ces poteries, il pourrait y avoir une quatrième  en prenant le parti  de repeindre les blancs. Concernant ce sujet il y a plusieurs écoles…

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Assiette  Ste Gemme D 21 cm

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Assiette  Ste Gemme D 22, 5 cm

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Grand plat demie-creux poterie de reaup  D 33 cm

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            Grand plat demie-creux poterie Giroussens D 31 cm 

illustration: photos et texte Gildas

 

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Vendredi 12 octobre 2007


Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l’Albret

Alain COSTES avec la collaboration de Liliane DESCHAMPS

Un lot de céramique de la période moderne

(XVII~XVIIIe siècle)

découvert à Nérac 

Monsieur et Madame Vélasco ont acquis un ancien immeuble situé au centre de la vieille ville de Nérac, rue de l’école. Ce bâtiment d’origine médiéval devint un hôtel particulier au XVIe siècle, remanié au XVIIIème siècle il a été délaissé au début du XIXe siècle pour être transformé en une remise, un lieu de stockage. Le dégagement du rez-de-chaussée, en terre battue, à permis la découverte au niveau du sol de l’emprise d’une fosse circulaire. M.Velasco. intrigué, décidant de commencer à la dégager constata que cette fosse était construite en blocs de pierre de taille, ce qui laissait à penser qu’il s’agissait d’un puits intérieur comblé.

  

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                  le puits intérieur                                        

 Le comblement a été retiré jusqu’à 5 mètres 70 de profondeur. Du ras du sol à environ 70 cm de profondeur se trouvait le niveau supérieur, un dépôt de déchets alimentaires composé de nombreux fragments de poterie et de faïences. suivaient ensuite près de 2 mètres 50 de matériaux de construction, le comblement intermédiaire, et enfin les 2 mètres 50 restant, le niveau inférieur, contenaient pris dans un agglomérat marquant une fosse d’aisance divers déchets alimentaires dont des poteries en majorité entières ou peu fragmentées. Une analyse rapide de ce remplissage permet de proposer un puits creusé au plus tard au XVIe siècle, utilisé en fosse d’aisance au plus tard dans la seconde partie du XVIIème siècle, comblé au début du XVIIIe siècle lors des travaux de restructuration de l’immeuble, puis définitivement obstrué lors de l’abandon de l’habitat au début du XIXe siècle.

Le mobilier retiré se compose par conséquent de deux lots : le plus ancien, celui jeté dans les latrines, est datable de la seconde partie XVIIème siècle-début XVIIIème siècle, le plus récent celui du niveau supérieur, du milieu du XVIIIème au début du XIXème siècle. 

Le mobilier céramique récupéré se compose de fragments, pièces reconstituées et pièces entières correspondant à 100 éléments identifiables soit 77 en poterie “traditionnelle”, 3 en terre cuite (tuileries), 9 en poterie fine et 1 en faïence stannifère. 48 artéfacts proviennent des latrines, les autres sont issus du niveau supérieur.

Nous avons analysé la céramique en la répartissant par groupes de production puis en distinguant. par niveau, les pièces par formes d’utilisation.

Les groupes de production

La poterie traditionnelle a été répartie en huit groupes:

Groupe a : attribuable au centre potier de Réaup( 47) .C'est une poterie lourde en pâte mâte variant du rouge-orangé au rouge foncé.

Groupe b : attribuable aux ateliers de Sainte-Gemme-Martaillac (47 ) ils appartiennent au groupe potier de l'Albret . la production est fine

Groupe c :  Bazadais girondin ou de leurs voisins Lot et Garonnais ( Argenton, Bouglon, Sainte-Gemme )

Groupe d :  Vaisselle en pâte blanche à décor jaspé. Si pendant longtemps ce type de décor était attribué sans racourcis au Saintonge, nous avons aujourd'hui la ferme conviction que les potiers du Bazadais et peut être ceux de l'Albret,ont aussi pratiqué ce type de décor au XVIème-XVIIème siècles.

Groupe e : Poteries issus du centre potier de Sadirac en entre-deux-mers. Pâte ocre orangé ou beige foncé, principalement des pichets et des cruches glaçurées.

Groupe f :  Pièces culinaires et vaiselles à décor peint originaires du groupe potier de Lomagne

Groupe g :  Vaisselle lourde en pâte rouge-foncé glaçurée sur engobe et présentant un décor peint provenant du centre potier de Giroussens (81 )

Groupe h :  Poteries et terres-cuites de provenance régionale indéterminée.

La poterie fine, légère, en pâte rouge épurée. observée dans le niveau supérieur, peut se diviser en trois catégories

Groupe i :   Vaisselle exportée d'Albisola en Ligurie.

Groupe j :   Vaisselle d'Albisola imitée par des manufactures locales.

Groupe k:  Autres poteries fines.

Enfin nous reconnaissons trois types de faïences stannifères recueillies dans le niveau supérieur:

Groupe l :  Faïence stannifère décorée.

Groupe m :  Faïence stannifère blanche.

Groupe n :   Faïence stannifère blanche à revers brun dite " cul noir ". 

l’étude a été permise grâce à l’extrême amabilité des propriétaires que nous remercions vivement et grâce comme à l’habitude à Alain Broqua qui nous a prévenu de cette découverte.

L’analyse des formes

Niveau inférieur

Cruches

Nous rencontrons dans ce niveau deux modèles de cruche de tête (“bane” ou “dourne”) l’un appartenant au groupe a, avec un bec tubulaire large et court (L. 6 cm, D. 5,5 cm, fig. 1 droite) l’autre au groupe b avec deux pièces à une anse à la lèvre-col ovoïde, l’une à bec tubulaire long (11 cm) , l’autre à bec court (8,5 cm) (fig. 2). Ces cruches était équipées de deux couvercles à emboîtement et bouton de préhension (D. 10, 5 cm,) l’un de provenance non déterminée, l’autre relevant du groupe b (fig.3). Le groupè e fournit la base d’une petite cruche de table à anse, glaçurée à mi-panse sur sa partie externe en vert foncé (DMaxi 12 cm, Dfond 8 cm, fig. 4). Nous rencontrons ensuite les fragments de panse d’une grande cruche à huile type Périgord à décor de cordons digités verticaux, la surface externe est glaçurée sur engobe en vert engobe (fig. 5) ce qui indiquerait une production locale et non périgourdine. Suivent deux pichets issus du groupe b, comportant un bec verseur pincé, globulaire à anse, DO. 12 cm, H. 24 cm. (fig. 6>. Ce modèle est très proche des productions sadiracaises du milieu du XIIème siècle (Regaldo 1988. p. 99, fig. 48)~.

   
                                               

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       ( figure 7)  cruche à eau hauteur 24 cm diamètre 12 cm

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 gauche à droite (fig 36), (fig 07), (fig 16) un abreuvoir à ortolan , un pot,  poterie destinée aux soins et à l’hygiène     
    
                        
Poterie de cuisson
 

La poterie culinaire est représentée par deux types de “pots à soupe”: les petits pots globulaires à une anse rubanée (toupins)3 et lèvre concave et des marmites (oules) à col munies d’une ou de deux anses à section ronde. Le petit pot est proposé en deux tailles (DO. 9 cm, H. 11 cm et DO. 8 cm. H. 10cm). Six appartiennent au groupe b (fig. 7), un en pâte rouge est d’une provenance indéterminée mais pourrait appartenir au groupe a4. Des trois marmites, qui pourraient provenir du Bazadais, nous dénombrons les fragments de deux pots à col et lèvre angulaire, en pâte fine beige et beige rosée et à l’intérieur glaçure partiellement (jaune foncé) et les fragments d’un pot à col droit et lèvre plate, en pâte fine ocre jaune et à 1’ intérieur glaçuré partiellement vert-brun et jaune5. Enfin les réchauds ou réchauffoirs sont représentés dans ce niveau par un modèle à pied et anses, pâte rouge, surface supérieure glaçurée sur engobe en vert jaune. tacheté de points verts.

Vaisselle

glaçurée

Le vaisselier des années 1650-1750 voit se côtoyer, avant l’arrivée de la faïence commune et surtout de la poterie fine d’Albisola. la vaisselle en étain, la seule mentionnée alors dans les inventaires après décès, et les derniers feux de la vaisselle décorée des potiers régionaux. L’essentiel de la production de la Lomagne (groupe f) se compose de trois tessons d’ailes d’assiettes et d’un grand plat à pâte orangée au décor illisible du fait de leur mauvais état de conservation auxquels s’ajoutent deux grands fragments d’assiettes plus ou moins et complètes du point de vue archéologique. La première de type “extra plate” se caractérise par un fond légèrement concave de 10 cm de diamètre, un marli très marqué et une aile évasée. Quant au décor principal développé dans le médaillon central, il consiste en un bouquet de fougères étoilé composé de six moitié de feuilles accolées dont les folioles tournent dans le sens des aiguilles d’une montre. L’ensemble s’inscrit dans une figure de forme hexagonale simplement peinte en vert et brun. Sur l’aile, (les motifs dits foudroyants en vert devaient alterner avec des tracés courbes bruns associés avec des motifs végétaux verts, ici indéchiffrable (des palmettes ? ) (

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           (fig 8) production de la Lomagne

2 — Les pichets de poterie qui sont souvent des mesures à vin sont très utilisés un peu partout au XVème et dans la premiere partie du XVIème siècles

S ‘ils deviennent ensuite peu pratiqués en Midi toulousain au bénéfice des petites cruches de table ils restent courant en Aquitaine et Gascogne occidentale jusqu' au début du XIX sïècle comme l'atteste les importantes productions de ce type de céramiques réalisées dans les ateliers de Sadirac ( 33 ) Regaldo 1988) et de Castandet ( 40 )

3 — Le terme méridional de toupin est préférable à mon gôut à celui trop nordique de coquemar absolument ignoré des textes anciens locaux.

4 - Cette forme est pratiquée à Sadirac au XVII siècles ( regaldo 1988, p . 10, fig 60 ).

5 - Cette production attribuée à tort au toulousain est observé dans les milieux bordelais des XVII-XVIII siècles ( Boscher; Hanusse 1991 ).

La seconde assiette, qui appartient à la catégorie des assiettes demi-creuses, est pourvue d’une aile moyenne (large de 4 cm), évasée, plate, au rebord à lèvre arrondie marquée d’une cannelure. Son diamètre d’ouverture est de 26 cm et sa hauteur de 6.5 cm. En tant que récipient de grande capacité (autour de 70 cl), elle s’est progressivement imposée sur toutes les tables. Pour le décor, à l’inverse de la pièce précédente, le choix du potier s’est porté sur une variante déjà connue du bouquet de feuilles de fougères. En dépit des couleurs verte et brune qui ont fondu lors de la cuisson, on note que le naturalisme l’emporte sur la symétrie et sur la stylisation dans la souplesse du tracé des pétioles et des nervures. L’aile au pourtour souligné de cercles verts laisse voir une suite de festons verts posés à l’oblique et valorisés par le coloris brun des lignes incurvées (fig 9).

Nous rencontrons ensuite trois pièces du centre potier tarnais de Giroussens (groupe g) dont un grand plat demi-creux (D. 31 cm) où le décor est malheureusement illisible, et une assiette. Cette dernière présente un diamètre d’ouverture de 24 cm et une hauteur de 5,5cm. Le fond est orné d’un motif végétal coloré en jaune orangé, et en vert et brun. Il est axé sur le thème d’une tulipe aux pétales dont à la tige est agrémentée de façon symétrique de longues feuilles lancéolées tandis qu’un disque jaune orangé intercalé semble simuler un bouton floral ou un fruit. Sur l’aile courent des doubles feuilles obtuses au sommet et soudées à la base intercalées de cercles colorés en vert (fig 10). 

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            (fig 10) centre potier de giroussens

Du groupe a, celui des potiers locaux de Réaup, deux pièces sont décorées de vaguelettes en vert sous glaçure (jaune), dont une assiette plate sans marli à aile large (6,5 cm), relevée, ressaut la séparant du bassin (D. 22 cm) et un grand plat demi-creux (D. 33 cm, fig. 11) et trois pièces à décor de taches vertes sur fond jaune dont deux assiettes plates à aile étroite recourbée et une jatte à lèvre recourbée. A rattacher, avec plus de précaution, au groupe a une assiette plate à aile étroite recourbée, ressaut la séparant du bassin, décor de taches vertes et marron sous glaçure (jaune) (D. 21 cm, fig. 12). Le groupe d, est représenté par deux assiettes plates à aile étroite, très fine en pâte blanche-beige clair, décor jaspé en brun, vert et jaune (D. 21 cm, fig. 13). Suivent deux assiettes sans décor dépendant du groupe c, plates à aile (5 cm) au rebord nervuré glaçurées en vert clair vif (D. 22 cm).
 

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    (fig 13) assiette à décor jaspé

Poteries d’usage divers

Dans cette catégorie nous rencontrons pour le groupe a, un vase de nuit à anse à l’intérieur glaçuré en vert (H. 16 cm, DO. 17,5 cm, fig. 14) et deux bassines, les gardales presque droites (DO. 30 cm) équipées d’oreilles de préhension: l’une à 1’ intérieur glaçuré jaune brun et l’autre en vert foncé (fig. 15) et pour le groupe b, une production brute dont une grande jatte (DO. 18cm, H. 10,5), deux types de gardales et deux grands pots à conservation, en pâte beige brute. La poterie destinée aux soins et à l’hygiène est représentée par une petit albarelle en pâte beige orangée dont l’intérieur est partiellement glaçuré au saupoudrage en marron-orangé (H. 6,5 cm, DO. 5 cm, fig. 16) qui pourrait être issus du Bazadais.

Niveau supérieur

Si nous notons au niveau supérieur l’absence des poteries du groupe b, le groupe a est lui bien représenté. Mais la poterie traditionnellement y est concurrencée par deux nouveaux produits : la faïence stannifère et la poterie fine.

Cruches

Aux ateliers de Réaup sont attribuables les fragments de quatre cruches de tête du même type que celles rencontrées au niveau inférieur mais avec un bec verseur tubulaire plus large et plus court (L. 6 cm. D. 5,5 cm, fig. I gauche) et deux couvercles à emboîtement. L’on constate que la seconde forme de cruche de tête observée dans le dépôt inférieur a disparu et que celle qui se maintient sera la forme récurrente de l’Albret jusqu’au début du XXe siècle. Si le fragment d’un pichet (?) entièrement glaçuré en vert foncé peut être dévolu à Sadirac (groupe e) nous avons, appartenant au groupe c, une belle pièce avec une cruche de table à anse latérale et anse en panier en étrier (empreintes de doigts à la base de ces deux éléments et sur l’anse en panier). La pâte blanc-beige clair à couverte beige orangée est glaçurée vert clair vif (H. 28 cm, Dmaxi. 16 cm, fig. l7).

Poterie de cuisson

Les potiers de la Lomagne (groupe f) paraissent encore imposer à Nérac dans la seconde partie du XVIIème siècle leur poterie culinaire. Nous rencontrons en effet des pots à cuire à deux anses à section ronde (oules) dont un modèle intermédiaire, succédant au modèle à pâte claire et col angulaire dominant au XVI-XVIIème siècle, en pâte orangée à l’intérieur glaçuré partiellement en orangé (fig. 18) puis les fragments de quatre pots à cuire tardif à col en pâte rouge à l’intérieur glaçuré partiellement rouge, d’un type apparu dans le dernier quart du XVIIIème et dont l'utilisation perdurera tout le XIXème siècle.

Les fragments d’un pot peu globulaire presque droit en pâte rouge à intérieur glaçuré en vert brun se reporte à une fabrication grossière régionale non localisée déjà entrevue sur des sites voisins tel celui du Port-Sainte-Marie (Costes 2004). Peut-être être une production des potiers de Prayssas ?

Les potiers de Réaup, dont la production culinaire paraît alors se limiter à la fabrication de réchauds à pied, proposent la partie inférieure avec les anses d’un objet de ce type. Cette pièce est en grande partie glaçurée sur engobe beige foncé en vert foncé. (DFond.l3 cm, fig. 19). La production culinaire en poterie fine est représentée par les fragments d’un poêlon de Saint-Quentin (Gard) venu par la Garonne avec les arrivages de vaisselle ligure et les fragments d’un poêlon à verseur (le manche était absent) en pâte industrielle rouge, entièrement glaçuré orangé foncé produit dans une fabrique régionale de poterie fine.

Vaisselle

Le vaisselier du niveau supérieur offre une variété typologique importante. En effet nous rencontrons de la vaisselle en poterie traditionnelle, en poterie fine et en faïence stannifère. Dans la première catégorie si les productions à décor peint de la Lomagne et de Giroussens ont disparu nous retrouvons des productions du groupe a et du groupe b. Pour le premier nous observons aussi la disparition des décors avec deux modèles d’assiettes l’une plate sans marli à aile large (6,5 cm), relevée, ressaut la séparant du bassin, glaçurée en vert foncé (D. 23 cm, fig. 20), l’autre demi-creuse sans marli à aile courte relevée, ressaut la séparant du bassin, glaçurée en jaune clair (D. 19 cm, fig. 21). Du groupe c proviennent quatre assiettes plates à aile (4 cm) au rebord nervuré, glaçurée en vert clair vif dont deux présentent un décor discret, de vaguelettes incisées rejoignant au centre du bassin un décor poinçonné (D. 22 cm, fig. 22).

Les poteries fines sont représentées par sept pièces. Trois assiettes plates de type Albisola ou Gênes, très probablement issues des ateliers ligures, entièrement glaçurées brun-rouge dont deux décorées sur la face interne de méandres et de coulures brunes (D. 20 cm, fig. 23) et l’une au rebord chantourné décorée sur la face interne de méandres et de coulures brunes et sur le revers de méandres sur le revers de l’aile (D. 20 cm, fig. 24). Les fabriques régionales, quant à elles, proposent des soupières de types Gênes sans coulures brunes soit les fragments de deux soupières droites l’une brun-rouge, l’autre brun orangé clair et ceux de deux soupières galbées brun-rouge.

Le niveau supérieur a donné les fragments de dix pièces de vaisselle en faïence stannifère soit ceux de trois assiettes et d’une soupière dites à "cul noir". de deux faïences blanches sans décor dont un fragments d’un pot de chambre et ceux d’une tasse ou d’un bol et les éléments de cinq objets décorés. Ainsi les fragments d’une pièce très fine qui fut une très jolie tasse à pied. En pâte rose orangée elle est glaçurée en blanc bleuté et décorée d’un thème floral exécuté très finement sur toute la pièce (fig. 25 et 26). Serais une pièce bordelaise de la grande époque d’Hustin ? Suivent deux fragments d’un couvercle de soupière. Cette pièce fine en pâte beige clair, glaçurée en son intérieur en blanc-rosé, reçoit en surface une glaçure jaune vif ornée d’un décor floral et d’insectes en vert et bleu très finement exécuté (fig. 27). La glaçure jaune ayant été pratiquée dans la faïencerie landaise de Samadet peut-on évoquer cet atelIer?

Nous rencontrons ensuite le fragment d’une aile et du marli d’un plat ovale aux bords chantournés dans le goût Louis XV. Cette pièce lourde en pâte rose orangée présente un revers glaçurée en brun et sur sa face interne un glaçure blanc-grisé craquelée décorée d’un bandeau traité en bleu clair, bleu foncé et violet (fig. 28). Cette pièce s’apparente beaucoup aux culs noirs décorés de Rouen. Cette faïence assez rustique fut imitée dans une grande partie des ateliers de l’ouest mais à mon avis et contrairement à certains avis (en particulier ceux proposés au Musée Paul Dupuy de Toulouse) en aucune façon dans les faïenceries de la moyenne Garonne. La quatrième pièce de faïence décorée conciste en un godet de porte-huilier. C’est une pièce lourde, en pâte rose orangée. La glaçure blanc grisé brillante et revêtue en surface d’un décor floral en vert et violet exécuté sur la surface externe (fig. 29). Enfin nous observons la poignée d’une soupière (?), une pièce fine, en pâte beige rosé. glaçurée d’un blanc brillant craquelé et décorée de traits vert-jaunes. Ces deux derniers éléments sont de provenance régionale.

Poteries de stockage, préparation et conservation

Le dépôt supérieur du puits a donné les éléments de quatre bassines ou gardales munies, comme c’est de coutume en Aquitaine, de deux anses-poignées. Deux en pâte rouge à la face interne glaçurée sur engobe en vert foncé proviennent de I ‘Albret, très probablement de Réaup mais peut-être aussi de Sainte-Gemme ou de Bouglon où cette production a été remarquée à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle (fig. 30). La troisième (H. 13 cm, DO. 25 cm) à lèvre muni d’un rebord externe présente deux anses poignées à section rondes plaquées sous le rebord. Sa pâte blanc-beige clair, glaçuré vert clair vif très brillante la rattache au groupe c. Une grande pièce, en pâte rouge probablement un cuvier à lessive, le bugadou, possède des anses plates nervurées et un décor de cordons digités horizontaux. La qualité de la pâte et surtout la fomie des anses laisse à penser à une production de Réaup. ( fig 31 )

Suivent trois couvercles. L’un, certainement issu du groupe a, est tronconique en pâte rouge et présente un décor alterné de deux taches de glaçure (brune) et l’une d’engobe (D. 15 cm, fig. 32).

Du groupe c, un couvercle à bouton en pâte blanc-beige clair glaçurée en surface en vert clair vif. De provenance indéterminée le curieux couvercle plat àanse en pâte beige orangée granuleuse, perforé en son centre présente un rebord festonné (D. 15 cm. fig. 33). Cette pièce modelée et non tournée provient certainement d’une tuilerie locale comme c’est le cas pour le fragment de tuyau à emboîtement en pâte rouge brique (D. 7 cm. fig. 34).

Enfin trois poteries pour les animaux terminent l’inventaire du dépôt. Nous rencontrons le fragment d’une auge, un tarris, en pâte rouge brique qui provient là encore d’une tuilerie, puis une pièce originale, une mangeoire suspensible de forme parallélépipédique (L. 25 cm, 1. 1 1 cm, H. 7 cm. fig. 34) et enfin une pièce particulièrement intéressante, un abreuvoir à ortolan. Il s’agit d’une petite pièce (DO. 4 cm. H. 5 cm.), globulaire à poignée plate et perforée, en pâte rouge-orangé (fig. 36). On connaissait son utilisation dans les Landes jusqu’au milieu du XXe siècle. Les potiers de Castandet en ont fabriqué. Dans la cage réservée à ce précieux volatile (fig. 37), on plaçait le petit abreuvoir en coinçant sa poignée plate entre deux tiges de fer (fig. 38). Ce que le puits de Nérac amène c’est l’indication d’une utilisation plus ancienne qu’on croyait de cet ustensile, le portant de la fin du XIXe à au moins la fin du XVIIIe siècle.

Conclusion
Grâce à une série de découvertes et la présence d’amateurs éclairés soucieux de leur patrimoine, encore inconnu il y a moins de cinq ans le vaisselier de l’Albret de la période moderne et du début des temps contemporains commence à se dessiner sous nos yeux étonnés... Cette vision physique apportée par l’étude archéologique et céramologique mériterait d’être confrontée, ou plutôt juxtaposée, à la documentation historique. Documents essentiels pour l’étude de la vie matérielle les inventaires après décès, dressés par les notaires, ont été particulièrement utilisés par les chercheurs en Savès et en Comminges (Haute-Garonne) et sont le mets de choix du jeune ethnologue landais Frédéric Duhart. Leur étude pour l’Albret serait précieuse, nous lançons un appel. Dans l’attente je vais utiliser ce précieux bulletin pour survoler un inventaire publié par Elle Ducassé (Ducassé 1999). Il s’agit de l’inventaire et vente des biens d’un noble dressé en 1781 c’est-à-dire une vingtaine d’années avant la phase finale du comblement du puits de Nérac.

Que trouve-t-on comme objets culinaires ou liés a la table ? La fonte est représentée par un pot et son couvercle de fer d’une valeur de sept livres et le cuivre par des casseroles (une livre pièce). des petits poêlons, des tourtières (six livres pièce), une cafetière, une grande lèchefrite (trois livres pièce), une grande marmite de cuivre (six livres pièce) le cuivre rouge par un poêlon, un chaudron, une grande marmite (huit livres pièce) et toujours en métal, trois poêles et deux marmites de fer (six livres pièce), une cafetière de fer blanc et sept cuillers d’étain ( l’ensemble). Remarquons, comme cela est observé un peu partout, que l’étain dominant au XVIIème siècle se raréfie au temps des Lumières. Le verre est présent avec de nombreuses bouteilles, le cristal avec des verres, des gobelets et des salières. Mentionnons un mortier de marbre et son pilon et un vaisselier.

Pour la céramique la poterie est peu représentée et d’une très faible valeur, on est chez un noble, avec “deux terrines", deux plats et une douzaine et demi d’assiettes le tout de terre servant aux domestiques pour "18 sols”, une cruche de terre à dix sols, quatre pots remplis de graisse ou de viande, neufs pots vides de terre (six livres l’ensemble), deux cafetières de terre (six sols les deux), une gourde de terre pour tenir du vin (dix huit sols). La poterie blanche est signalée avec “deux cafetières de terre blanche avec leurs couverts” vendues à douze sols8.

La faïence est par contre bien attestée avec, sans précisions, un rafraîchissoir, cinq pots pour la confiture, un moutardier. La faïence blanche commune, a peine plus cotée que la poterie, se compose de nombreuses pièces dont vingt trois assiettes et trois plats estimés à quatre livres l’ensemble et un pot à eau avec sa jatte vendue à vingt sept sols. La faïence colorée est représentée par trois plats ovales “faïence vernissée” (une livre et six sols l’ensemble) et dix soucoupes et neuf tasses de (faïence vernissée en jaune trois livres l’ensemble). S’agit-il de faïence jaune de type de celle recueillie à Nérac ? Enfin la poterie fine de type Albisola apparaît avec une cafetière et deux soupières de “faïence grise avec leur couverture vendues à une livre et seize sols". Nous terminerons avec les treize assiettes et le saladier de faïence fine anglaise bien côtés puisque vendus à dix huit livres et avec un lot de porcelaine comportant six tasses. douze soucoupes, un sucrier, une cafetière et une théière vendu à vingt quatre livres et dix sols.

Quant au “vaseau de nuit”, le pot de chambre était-il en poterie ou en faïence comme à Nérac ?

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 (fig 17) pot de chambre

8 - Des cafetières à manche en pâte blanchte étaient fabriquée à la même époque à Bétous, centre potier de l’Armagnac.

 

Bibliographie

 

Boscher, Hanusse 1991 BOSCHER (J-Y.), HANUSSE (Cl.)  Aperçu sur le vaisselier de terre cuite bordelais du XII siècle, Revue Archéologique de Bordeaux, année 1991, p. 53-112.

Costes 1998 b COSTES (A.)— Approches de la céramique moderne utilisée et fabriquée sur le sud du département de Lot-et-Garonne, Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l’Albret,n° 20, 1998, p. 57-66. —

Costes 2003f: COSTES (A.)  - La poterie utilisée dans la périphérie de I’Albret de la fin de l’Ancien Régime à la Restauration. Dépôts de Condom (Gers) et du Port-Sainte-Marie (Lot-et-Garonne), Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l’Albret, n0 25, 2003, p. 3-25.

Costes 2004b : COSTES (A.) la faïence au Port Sainte-Marie (Lot-et-Garonne) à la fin du XVIII et au début du XIXème siècle, Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l’Alhret, n0 26, 2004, p. 39-48.

Costes-Deschamps 2001b : COSTES (A.), DES-CHAMPS (L.) — — Aperçu de la céramique en usage en Albret (Lot-et-Garonne) au XVIe et XVIIe siècle d’après le dépôt du château du Fréchou. Bulletin de la Société Archéologique de l’Albret. 2001, tome 23, p. 5-13.—

Deschamps-Navone-Costes 2005 DESCHAMPS (L.), NAVONNE (S.), COSTES (A.) De la terre à la table du XVI au XX~ siècle, potiers et poteries de la Lamagne, la Grésale hors série n0 6, mars 2005.

Ducassé 1999 : DUCASSE (E.). Heurs et malheur du marquis d’Esparbès de Lussan... Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l’Albret, n0 21, 1999, p. 64-78.

Regaldo 1981 : REGALDO-SAINT-BLANCARD (P.) -Poteries de Sadirac et de l’Entre Deux Mers, BSAB, 1979-81, 72 p. 33-57

Regaldo 1988 : REGALDO-SAINT-BLANCARD (P.) -Cruches, Pichets et cruchons de production sadiracaise du XIVème au XXème siècles, L’Entre Deux Mers à la recherche de son identité, CLEM, 1988, p. 81-98.

Regaldo 2000a : REGALDO-SAINT-BLANCARD (P.) - Le centre potier de Sadirac, 2000 ans de pots en Aquitaine, catalogue d’exposition, Musée de la poterie, Saint-Emilion, juin 2000, p. 48-57.

Regaldo 2000b : REGALDO-SAINT-BLANCARD (P.)  - La céramique de production Aquitaine Perspective historique, 2000 ans de pots en Aquitaine, catalogue d’exposition, Musée de la poterie, Saint-Emilion, juin 2000, p. 66-72.

article à terminer....  

illustration: photos Gildas

 

 

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Mercredi 10 octobre 2007



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Avant travaux

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Chantier réfection  du colombage


Cet hôtel donne sur l’arrière sur une petite cour intérieure. L’élévation de la bâtisse jusqu’au 2ème étage est en pierre, le reste est en colombage. La partie colombage étant trop sortante ( 400 ans ) il a fallut: déposer les anciennes poutres pour remplacer l’ensemble de la structure bois.

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Le chantier façade cour terminé 

illustration: photos et texte Gildas

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Mardi 9 octobre 2007

fa--ade-rue-m--rim--e.jpgLa façade côté rue ( source mérimée ) 

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Façade avant travaux

La bâtisse

Partie d’un hôtel du 17ème ayant conservé son intégralité architecturale. Il s’étendait sur plusieurs parcelles voisines, les élévations alentours côté cour, montrent que l’ensemble devait être assez important.
  

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Elévation voisine côté cour

La façade côté rue

C’est une élévation en pierre de 12,50 mètres de haut et 5,50 en largeur. D’important travaux ont été effectués sur cette façade pour lui rendre son aspect d’origine. La partie rez de chaussée a demandé  un travail de taille de pierre important. 

  chantier-rue.jpg

 Restauration façade rez de chaussée

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illustration: photos et texte Gildas

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