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  • : La maison de Luther
  • : Le fil conducteur de ce blog est la restauration d'un hôtel particulier du XVII ème sur des bases médiévales. Je vous ferai découvrir aussi les châteaux de l'Albret et du Lot et Garonne, je vous parlerai de sauvegarde du Patrimoine et de l'histoire de Nérac à travers ses vieux quartiers, ses bâtiments, son architecture. Je vous souhaite une agréable visite
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De la cave au grenier

 

 

 

 



       

       

        

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 16:09

 

blason nérac soleil 

C'est en juillet 1306 que Raymond de Galard, abbé et premier évêque de Condom, fit cession à Amanieu VII, sire d'Albret, de la seigneurie de Nérac, en échange de certains avantages. ( A.N R2 99 )

En décembre 1310. le même Amanieu fit choix d'arbitres pour établir les droits respectifs du seigneur et des habitants de Nérac. L'article 22 portait que le seigneur donnait à la ville et à la seigneurie de Nérac un sceau qui portait d'un côté l'image d'un évêque tenant une crosse dans la main gauche, et, d'autre part, un homme à cheval avec un bouclier suspendu à son cou. C'était en somme l'union du spirituel et du temporel. L'article rappelait en outre, que l'usage de ce sceau serait gratuit et qu'il ne serait appliqué qu'aux actes de justice et à tous autres intéressant la communauté et émané du seigneur (B.N. 4. LK7 25592). On ne sait toujours pas jusqu'à quelle époque il fut fait usage de ce sceau, mais on est porté à croire que Jehanne d'Albret, passée au protestantisme le 25 décembre 1560, ne pouvait que négliger le sceau de sa ville où figurait un évêque et qu'elle entendit le remplacer par un autre à la mesure des croyances de la population. En effet, en juin 1559, Calvin fondait l'Académie de Genève dont l'emblème était le soleil. Cette année-là, venant de Genève, deux ministres se fixaient à Nérac : Gilles Dubroqua et Jehan Graignon. L'année suivante, de Genève encore, venait un troisième ministre : Baptiste du Chastelet.

Dès lors la ville, bien soutenue par la Reine, ses trois ministres et la presque totalité des habitants, s'affranchit de toute ingérence catholique, et c'est sans doute de cette époque que date le méreau au soleil de Genève reproduit sur le sceau de la ville.

En 1666, M. Dunoyer avait fait une déclaration formelle sur l'origine du soleil utilisé dans la décoration. M. Troishenrys, mandaté par l'évêché, l'attribuait aux armes de la ville. On est étonné que la révélation inattendue de Dunoyer n'ait pas engagé son contradicteur à supprimer cette similitude en faisant modifier immédiatement les armes de Nérac.

En 1654 et en 1656, le sieur Ducasse, garde des archives de la ville, tenu à l'expédition des actes, avait soin de mentionner au bas des pièces : « ...pour la plus grande validité, scellé du sceau de la ville » (A.N. R2 110).

blason nérac002Ce sceau, dont voici le fac-similé, est la reproduction fidèle du méreau. Il est plaqué sous papier, d'une largeur totale de 3 centimètres, et consiste en un soleil rayonnant dont le centre, un peu détruit, offre un cercle au milieu duquel devait se trouver un monogramme. Autour du soleil, sur un bandeau distinct, on lit :

Christus noster sol justitse

De nature essentiellement religieux, il n'a donc rien de municipal puisqu'il ne porte ni le nom de la ville ni la lettre classique S (sigillum).

Les Néracais tinrent à leur soleil qui fut souvent reproduit. Ainsi, en 1679, les Doctrinaires visaient dans un mémoire, le consul Pierre David qui avait fait confectionner cinq drapeaux « à l'un desquels il a fait mettre les armes du Consistoire » et qu'il utilisait aux funérailles des réformés.

Il y a mieux encore. Pour se conformer aux prescriptions de l'édit donné à Versailles en novembre 1696, touchant la déclaration des armoiries, la Jurade de Nérac, composée d'imparfaits convertis, voulut assurer la pérennité de son méreau en faisant enregistrer par les commis de d'Hozier :

«  D'azur à un soleil dont on ne voit que les rayons, le corps estant couvert d'un tourteau de gueules chargé d'un nom de Jésus à l'antique d'or. Le tout enfermé dans une orle d'argent sur laquelle sont escrits en lettres capitales de sable ces quatre mots : Christus noster sol justiciae »(D'Hozier, registre de Guienne, Condom. Etat présenté le 8 février 1698).

blason nérac003

 Le méreau du Consistoire de Nérac et armes de la ville XVI ème siècle

 

Sources:

Archives nationale

Bibliothèque nationale de France

Revue de l'Agenais 

 

 

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 18:15

 

Algernon Sydney

 

 

  Parmi les papiers des ducs de Bouillon, séquestrés au cours de la Révolution, on trouve une lettre datée: Nérac-janvier, et signée Sidné (Arch. Nationales R2 82).

Elle cause quelque surprise autant par sa teneur que par la signature d'un nom étranger à la ville et même à la région.

Cette lettre fut adressée à M. Bafoyl, conseiller secrétaire agent général des affaires du duc de Bouillon, rue de Seine, près du Collège des Quatre-Nations, à Paris. Si ce Bafoyl fut aisément identifié, il n'en fut pas de même de Sidné dont les termes de sa lettre révèlent un caractère ardent, autoritaire, se ressentant d'une origine élevée et d'une habitude de commandement longtemps exercé. La lettre, qui est trop longue pour être donnée in-extenso. débute ainsi :

« Pour m'acquitter de la promesse que je vous fis de vous donner avis des affaires de ce pays, je vous dirai, etc., etc. »

Et comme Sidné parle souvent de l'intérêt qu'il porte au duc, on peut être assuré qu'il était de ses amis et placé à Nérac en observateur, à une époque où la ville, par la faute de ses dirigeants, était livrée au désordre et à la gabegie dans tous les domaines.

Il signale bon nombre de Néracais tels que le sieur Poul, lieutenant assesseur, qu'il traite d'idiot, le sieur Masparault, piètre avocat auquel on ne pouvait confier un procès d'un écu, les frères de Casmont, de mauvaise conduite, dont l'un inquiété pour cause de l'assassinat d'un officier, dans son lit. Puis un certain Lavallade et David, turbulent apothicaire. Il parle aussi du braconnage pratiqué dans le parc de Durance, de la complicité des gardes et fait allusion aux chasses mieux surveillées de M. de La Rochefoucauld et de Mme d'Hauterive, de Ruffec, qu'il paraissait bien connaître. Mais le personnage le plus souvent nommé, à ses yeux le plus coupable, était Mazelières, ce même Paul de Mazelières que le duc avait promu Gouverneur et Intendant d'Albret en 1675. Sidné s'étend sur ses propos irrespectueux à l'égard du duc, sur ses vilenies dont on ne peut douter puisque quelques Néracais, outrés de ses méchancetés et victimes de ses injustices, l'assassinèrent le 30 septembre 1680.

Vers la fin de sa lettre, une phrase devait retenir mon attention :

« Quant au reste, je ne puis pas prendre intérest à rien icy ou si les eusse jamais pris les lettres que je reçeus d'Angleterre la sepmaine passée m'en détacherait. »

Ce passage assez énigmatique devait, cependant, clarifier une hypothèse. Sidné était-il Anglais ? En poursuivant mes recherches, j'acquis la certitude que Nérac, depuis assez longtemps, donnait asile à un personnage de qualité.

robert SidneyIl s'agissait, en effet, de Sir Algenor Sidney, né en Angleterre en 1622, fils de Sir Robert Sidney, comte de Leicester, vicomte de l'Isle, baron de Penhurst, ancien ambassadeur, chevalier de l'Ordre de la Jarretière, conseiller d'Etat, et de Lady Dorothée Percy de Northumberland. Cet aristocrate bon teint se rangea sous la bannière de Cromwell pour combattre Charles Ier, roi d'Angleterre, qui s'était rendu odieux par ses attaques aux libertés publiques et sa persécution des presbytériens écossais et des puritains anglais.

A Cromwell s'étaient joints Fairfax, Ludlow, Milton et notre Sidney, qui furent qualifiés dès lors « indépendants » et « républicains ».

Charles Ier, réfugié en Ecosse, leur fut livré; ils épurèrent le Parlement et firent déclarer le Roi coupable de haute trahison. Condamné à mort, il fut décapité en 1649, devant le Palais de Whitehall.

Déjà, Sydney avait participé à des mouvements. En 1642, il avait contribué à la répression de la rébellion d'Irlande, avait adopté en 1643 la cause du Parlement et était devenu gouverneur de Chichester. En 1647, il avait repris du service actif comme lieutenant-général de cavalerie. Nous le voyons gouverneur de Douvres en 1648, enfin ambassadeur en Suède et au Danemark.

Toute révolution a son revers. Charles II, fils du supplicié, fut reconnu Roi en 1660; il ne restait plus aux régicides que de prendre le chemin de l'exil.

Cromwell mourut, Fairfax trahit son parti en favorisant la Restauration, Sydney et Ludlow voyagèrent beaucoup et Milton, qui avait été secrétaire de Cromwell, devait mourir en 1674, pauvre et aveugle, après avoir dicté à sa femme et à ses deux filles son chef-d'œuvre : « Le Paradis perdu ».

Sydney quitta le Danemark en 1660, passa à Hambourg, puis à Ausbourg et enfin à Venise. A Rome, en novembre 1660, il fut reçu avec égards et courtoisie par le Cardinal Azzelini (Barbe-rini). En été 1661, le Prince Pamphili, neveu du Pape, l'installa dans une villa de Frascati. Vers août 1663, il passa trois semaines à Vevey avec Ludlow. En décembre, on le voit à Bruxelles et de nouveau à Ausbourg. En 1665, il revint en Hollande puis gagna Francfort.

A son passage en Hollande, il avait approché le grand patriote Jean de Witt qui le recommanda à notre ambassadeur, le Comte d'Estrades, un Agenais. Ce dernier écrivit à Louis XIV:

« M. de Witt me prie de donner un passeport pour aller en France aux sieurs Sidney et Ludlow. Ce sont deux personnes de grand mérite. Ils sont à Francfort et ont désiré aller trouver Votre Majesté pour des affaires importantes. »

L'ambassadeur écrivait aussi à M. de Lionne, secrétaire d'Etat des Affaires étrangères:

« M. de Sidney, personne de qualité et de grand mérite et qui a été employé dans de grandes ambassades par feu le Protecteur, m'ayant témoigné que dans cette conjoncture que le Roi a déclaré la guerre contre l'Angleterre, il souhaitait se mettre sous la protection de S.M. et aller lui-même en France offrir ses services si l'occasion s'en présente, j'ai estimé à propos de lui envoyer mon passeport pour ne retarder pas l'occasion qui pourrait se présenter au service de S.M. dans cette conjoncture, me remettant, Monsieur, à ce que vous jugerez plus à propos après avoir entretenu M. Sidney. »

Godefroy comte d'EstradesSidney, bien qu'éloigné, conspirait toujours et supposait que Louis XIV, à qui il offrait ses services par l'intermédiaire du Comte d'Estrades, serait peut être disposé à déclarer la guerre à l'Angleterre où régnait depuis peu Charles II, son cousin germain. Louis XIV le reçut, en effet, et nota dans ses Mémoires :

« J'écoutai les propositions qui me furent faites par M. Sydney, gentilhomme anglais, lequel me promettait de faire éclater dans peu quelque sotdèvement, en lui faisant fournir cent mille écus. mais je trouvai la somme un peu forte pour l'exposer ainsi sur la foi d'un fugitif, à moins de voir quelque disposition aux choses qu'il me faisait entendre. C'est pourquoi je lui offris de donner seulement vingt mille écus comptant avec promesse d'envoyer après atix soulevés tout le secours qiri leur serait nécessaire aussitôt qu'ils paraîtraient en état de s'en pouvoir servir avec succès. »

Voilà un point d'histoire qui prouve bien que Louis XIV n'était pas opposé au soulèvement que Sidney aurait tenté s'il avait obtenu la somme demandée. Le projet échoua et, plus tard, Colbert écrivait que le Roi ne se souciait pas de savoir Sidney à Paris ou en Languedoc pourvu qu'il ne revint pas en Angleterre. C'est, en effet, en Languedoc que nous retrouvons Sidney. Le 6 octobre 1668, à Montpellier, il délivrait à M. Daniel d'Abre-nathée, ministre protestant au Caila, un certificat portant témoignage de l'ancienneté de sa famille, d'origine écossaise. Comment Sidney avait-il échoué à Montpellier ? En été 1670, il était à Paris.

C'est dans les années qui suivirent que les Néracais durent être saisis d'étonnement en voyant descendre d'un équipage un grand seigneur et ses laquais, dont ils ignoraient l'origine, accueillis avec déférence, sans doute par des notables au nombre desquels devait se trouver M. de Canterac, gouverneur du Château, dûment instruit de cette arrivée dont nous ignorons la date précise. On peut avancer qu'elle fut antérieure à l'an 1674. Les registres paroissiaux de Nérac nous en donnent la preuve:

« 13 mai 1674, à Nérac, publication du ban de mariage d'Olivier de Cheyney, fils de feu noble François de Cheyney, natif de Excès (Essex), en la Comté de Sophol (Suffolk), en Angleterre, épousant en la maison de M. le Comte de Sidné (Sydney). Et Demoiselle Suzanne de Groundoy (sic), fille de Noble Pierre de Groudovy (sic), dans le Comté de Devoncher (Devonshire), en Angleterre. >

Nous ne savons rien de ce M. de Cheyney, en séjour à Nérac chez M. Sidney et assez lié avec lui pour se marier en sa maison.

Nous avons vu dans sa lettre à M. Bafoyl, simplement datée « Nérac-janvier », que Sidney faisait allusion à des nouvelles venues d'Angleterre qui semblaient le préoccuper. Cette lettre est de janvier 1677. Diverses notes nous apprennent que son père, fort malade, désirait le revoir avant de mourir. Telle était son inquiétude. Grâce à son neveu, le Comte de Sunderland, et à la protection de son grand ami Sir Henry Saville, ambassadeur d'Angleterre à Paris, il obtint un passeport qui lui permit d'arriver assez tôt:

« My father being dead ivithin six weeks after my arrivai. »

(Mon père étant mort six mois après mon arrivée), le 2 novembre.

De Londres, le 29 novembre 1677, écrivant à un ami, il parlait de quelques ennuis qu'il avait avec un de ses frères au sujet de la succession et confessait qu'après le règlement de ses affaires il désirait quitter l'Angleterre à jamais et acheter une habitation agréable en Gascogne, pas loin de Bordeaux où il finirait les jours que Dieu lui réserverait. Il ne pouvait s'agir que de Nérac! Sa dernière lettre de Londres est du 31 octobre 1679. Malgré son désir de ne plus revoir l'Angleterre, il résolut d'y revenir et comme un nouveau passeport était indispensable, de Nérac, où il était revenu, il écrivait le 18 décembre 1682 à son ami Saville et le priait d'obtenir cette pièce. Atteint de nostalgie, il ajoutait:

« / désire no more than to return on this side the seas after the three months where i intend to finish my days without thin-king any more of living in England. »

(Je ne désire rien d'autre que de revenir de l'autre côté de cette mer où j'ai l'intention de finir mes jours sans plus penser à vivre en Angleterre.)

Il obtint ce passeport qui devait lui être fatal. Charles II régnait toujours et n'avait pas oublié ceux qui avaient provoqué la Révolution et la mort tragique de son père. Sidney, une fois encore, bravait le danger. Fort suspect à la Cour, il fut arrêté chez lui le 20 juin 1683, à une heure de l'après-midi, alors qu'il était à table, et fut jugé le 26 novembre. Au cours de son procès, on entendit son valet, Joseph Ducasse, qui vint déposer devant la Chambre des Lords. Mais qui était donc ce Ducasse, au nom bien français, sinon gascon ? On va vous le dire. C'était Joseph Ducasse, fils aîné de Jérémie Ducasse, sieur de Lacouture, de Nérac, qui était sorti de France pour cause de religion et s'était retiré en Angleterre « sous la livrée d'un valet du Comte de Sidney », ainsi qu'il est rapporté aux dossiers TT 122 et 127 des Archives Nationales.

Sidney fut exécuté le 7 décembre 1683. Enseveli à Penhursthouse and garden, son épitaphe porte:

« Ici repose le corps de l'Honorable Algenor Sydney, écuyer, second fils du Comte de Leicester, qui décéda dans sa 61e année, l'an du Seigneur 1683. »

Notons que par erreur bon nombre d'ouvrages anglais et français donnent l'année 1682.

On ne sait si les Néracais se doutèrent de l'importance de ce personnage et du rôle qu'il joua dans cette Angleterre si fortement secouée au XVIIe siècle. Ils retinrent, à n'en pas douter, sa vie fastueuse, son train de maison, le nombre de ses valets, autant de choses qui témoignent de sérieuses ressources. Sydney était fort riche. Dans sa lettre du 15 février 1678 adressée à son ami Benjamin Furly, à Rotterdam, il disait bien que son père lui avait légué une somme considérable dont il pensait envoyer une partie outre-mer; quant à l'autre, il voulait l'affecter à un achat; sans doute pensait-il à cette habitation agréable en Gascogne.

Si nous ignorons tout de son comportement à Nérac à l'égard des habitants, de ses réceptions, de ses habitudes, bonnes ou mauvaises, on peut croire qu'il faisait bonne chère, copieusement arrosée. Nous en trouverions presque la preuve dans une de ses lettres à Furly. Il lui mandait qu'un de ses amis avait acheté, pour sa consommation personnelle, une certaine quantité de vins français et vingt pièces de « Brandy ». Grand buveur, il devait l'être assurément puisque son verre à boire consistait en un énorme gobelet d'argent qu'il faisait circuler autour de sa table pour que chaque convive y pût boire, à tour de rôle, après l'avoir de nouveau rempli. Il le légua à son ami Furly, de qui il revint à la famille de Lord Shaftesbury.

Ayons un souvenir pour ce sujet britannique qui goûta les charmes de la Gascogne et qui y vécut assez longtemps pour apprécier les bords de la Baise et les préférer à ceux de la Tamise.

 

Revue de l'Agenais 1965

Archives Nationales

G. de Lagrange-Ferregues.

 

 

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 18:55




    Il suffi de parcourir certains chemins de randonnées et d’être un tant soit peu observateur pour découvrir que ces sentiers, pour un grand nombre sont des passages fréquentés des hommes et des animaux depuis…fort longtemps. Sur des tracés déterminés par le relief du terrain, la végétation et les points d'eau, des pistes firent leur apparition, qui ne devinrent des routes que lorsque «le travail des mains s'ajouta à celui des pieds» pour les régulariser, rendre le sol plus résistant, faciliter l'écoulement latéral des eaux de pluie et le passage des torrents, adoucir les montées et les descentes trop abruptes.

Les premières voies de communication terrestres furent, à n'en pas douter, de simples sentiers, péniblement frayés à travers les immenses forêts qui couvraient le sol. Pendant longtemps, et pour certaines régions jusqu'au XIXe siècle, le transport des biens et des personnes fut surtout fluvial.


Au Moyen Age et pratiquement jusqu’au XVIIIème siècle l’état des routes en Aquitaine était catastrophique…

Certes restait-il de l’occupation romaine de véritables routes (la Carrèrasse, la Ténarèze et la Peyrigne, ces deux dernières étant deux grandes routes allant vers les Pyrénées) tracées elles même sur d‘anciennes voies, sentiers, pistes, chemins ouverts par les peuples Gaulois, Ibères et les peuples antérieurs.

Elles étaient accessibles aux plus lourds charrois et reliaient directement les principales agglomérations, mais ces voies de communication étaient elles aussi en fort piteux état. L’entretien des routes et chemins est resté à l’abandon du Vème au XIème siècle.

L’augmentation de la population, le développement du christianisme et la foi chrétienne pendant le Moyen-Age ont donné le signal de la réaction contre cet abandon déplorable. Les pèlerinages vers les lieux saints se multiplièrent: des hôpitaux, des hospices, des gîtes, des asiles, des villes nouvelles, s’établirent le long des grands itinéraires; des monastères, des foires et marchés s’organisèrent à côté de ces lieux en renom, de sorte que l’activité voyageuse, d’abord inspirée par le sentiment religieux, se généralisa sous l’influence des besoins matériels.

Du XIème au XIIIème siècles, les ordres monastiques, les seigneurs, les villes émancipées de l’Aquitaine se mettent à l’œuvre pour effectuer les travaux les plus urgents.

On considère comme « œuvres méritoires » l’amélioration des routes et l’établissement de ponts.

 

Pont du moulin des tours de Barbaste, il était situé sur un point stratégique, au croisement de la Ténaréze et de l'itinéraire médiéval allant de Bordeaux à Toulouse

 

Aux XIème et XIIème siècles, la France s’est hérissée de châteaux forts; les villages d’origine féodale s’étaient établis sur les pentes, blottis autour de ces châteaux . Avec le retour des temps plus calmes, la population descend dans les vallées. Pour des raisons politiques, économiques, militaires, on voit surgir du sol aquitain de nouveaux hameaux, des bourgades nouvelles dites « bastides ». Pour desservir ces nouveaux centres de peuplement, les nouvelles routes empierrées durent, elles aussi, délaisser les crêtes et se rapprocher des plaines; de plus en plus, il fallut avantager les charrois au détriment des transports à bats.

 

 


N’ayant point d’argent on eut recours à la « corvée » des hommes, des bêtes de somme. Les trois quarts des dépenses d‘entretien étaient payés en nature par « la corvée des grands chemins », le reste provenant du trésor royal, du produit des péages et d’impositions diverses frappées sur les villes et les généralités. Cette corvée fut abolie en 1786 et remplacée par des prestations en nature, libérables en argent…

Le produit des péages, les dons charitables ou inspirés par des motifs pieux apportèrent des ressources qui furent affectées à l’amélioration des chemins conduisant vers les sanctuaires réputés de Saint-Bertrand de Comminges, de Saint-Jacques de Compostelle et autres nombreux lieux d’adoration…

En 1259, les Bénédictins construisaient le premier pont sur la Gélise. (tout près de Nérac)

La vitesse horaire, y compris les arrêts, était restée jusqu’à la fin du XVIème siècle de l’ordre de 2,5 kilomètres à l’heure. La distance parcourue par journée de voyage était sous le règne de Louis XIII de 30 kilomètres, mais à la condition; que la roue du charroi ne céda point dans une ornière traîtresse, que les bêtes de somme et les chevaux ne se fassent mauvaises blessures, mais le plus détestable était les rencontres, les mauvaises rencontres, les fâcheuses, les fatales…

On ne voyage jamais seul au Moyen Age sauf dans des cas très particuliers (ermites, pèlerins, colporteurs…). Du moins, cela dépend du rang social : plus on est haut, moins on voyage seul. Un baron se déplace avec sa cour, un chevalier avec son écuyer, un marchand avec ses congénères. Se déplacer seul, c’est vulgaire ! C’est du domaine des vilains, dans tous les cas, c’est dangereux. Toute personne qui voyage seule est suspecte. Dans le même raisonnement, on évite de voyager la nuit.

Alors, bonne marche!

                                                                                                                  Gildas

                                                                    
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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 15:51


          

    Le premier livre, publié à Nérac a pour titre « l’oecoïatrie », ou médecine domestique.

Il a été imprimé chez un certain Guillaume Gobert imprimeur à Nérac, son premier travail, en 1549. L’auteur de cet ouvrage se nommait Christophe Landré et il avait déjà publié deux livres.

Landré présentait son livre ainsi: « laquelle contient grands secrets sous choses domestiques et de nul pris, recueillis des livres de Dioscoride, de Galien et autres par Christofle Landré, docteur en médecine et lecteur de feu de bonne mémoire Monseigneur le Duc d’Orléans ».

Christophe Landré a eu une descendance. A Pau, on rencontre, dès mars 1578, Jehan Landré, sieur de La Madeleine, qui fut le médecin de Jehanne D’Albret (décédée en 1572), de Catherine de Navarre et de Marguerite de Valois, princesse dont les deux premières étaient précisément fille et petite fille de Marguerite d’Orléans, celle pour laquelle Christophe Landré « limait » un livre.

Landré s’exprimait en ces termes dans une lettre «… lequel je lime pour le présent à la Majesté de Madame la Royne de Navarre . Dautant plustôt vous adresse ceste mienne oecoïatrie, Monseigneur qu’à nul ordre… »


Nous retrouvons ce recueil incéré dans une publication de 1606, intitulé « Le Bastiment de receptes ». Imp chez:
Philippe Alline demeurant rue des Efcuyére à l’enfeigne de l’Ange d’or Paris 1606.
                                             
                                          

Sans plus attendre je vous livre quelques recettes,
 (42 recettes figuraient dans ce
recueil).

De la fiente de l’homme, pour guérir les phlegmons du gosier ou esquinancie:

Manger du lupin pendant trois jours avec du pain bien cuit contenant peu de levain et du sel. Boire du vin clairet. Les selles du premier jour sont inutiles, mais recueillir celles de deux autres jours auxquelles on ajoutera un poids égal de miel. On en prend comme opiat et on l’applique comme onguent. La cure est parfaite.

La fiente de chien, pour la dysenterie: Enfermer un chien et, pendant trois jours, ne lui donner que des os. Prendre sa fiente, l’écraser et la mélanger dans du lait dans lequel on aura plongé un caillou très chaud. En faire boire deux fois par jour.


Des limaçons rouges:
Avec fleurs de romarins par égales portions ensemble dans un pot. Le placer sous le fumier de cheval pendant quarante jours. Extraire l’huile qui s’est formée et la mettre dans une fiole bien bouchée pour l’exposer au soleil quelque temps. Cette huile garantit sur l’heure les femmes de torsions et tranchées qu’elles endurent avant et après l’enfantement. L’Auteur engage les femmes qui ont le ventre et le pubis tout ridés par les fréquentes portares, d’user de cette huile. Leur ventre deviendra à brief aussi tendu que le parchemin d’un tambour.

Des vertus de l’urine contre le venin des aspics et des serpents: Feuilles de bouillon blanc, feuilles de chariophyle, feuilles de cassis. Faire cuire le tout avec parties égales de vinaigre et d’urine, jusqu’à réduction de moitié.


De la fiente de loup, pour les coliques:
écraser la fiente et la mélanger au vin.


De la fiente de bœuf et de vache pour guérir les pleyons et les écrouelles:

Les envelopper très fraîches, entre des feuilles de vigne ou de choux, et les placer sur des cendres chaudes. Il arriva à l’Auteur de les faire frire à la poêle avec des fleurs de camomille, de roses et de melitot. Applications sur tumeur, pleyon du testicule.

De la fiente des souris pour faire repousser le poil:  Broyer fiente, ajouter du miel et appliquer.


De la fiente des petits lézards, à l’usage des vieilles femmes âgées et ridées:

Mélanger fiente, os de seiche, tartre de vin blanc, rapure de corne de cerf, corail blanc, farine de riz, le tout en parties égales. Battre le tout assez longtemps dans un mortier. Faire tremper une nuit en eau distillée dans laquelle il y aura amandes douces, limaces des vignes, fleurs de bouillon blanc. Incorporer le tout en un mortier. S’enduire le soir le visage, la poitrine, les mamelles, et vous verrez miracles.


Ce type de livre a été très en vogue durant tout le XVIIème siècle…

Voici huit recettes miracles parmi les quarante deux que Christophe Landré publia à Nérac et qu’il dédia à Monseigneur d’Oloron.en l’an de grâce 1549.




                                                                                                                            Gildas 

                                                                                                        

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 16:56



    Un
Sybarite, ami de longue date, Néracais d’adoption, ce qui ne gâche rien, me signale que dans le recueil « La Guirlande des marguerites », sonnets dédiés à la ville de Nérac, ( Bordeaux, Impr. Gounouillhou pour Nérac, Durey ; Bordeaux, Lefebvre, 1876. Ouvrage collectif réunissant les talents littéraires et artistiques de quelques habitants de Nérac : Faugère-Dubourg, Maurice Lespiault, Montus, Georges Tholin, Fréchou, Bladé, Boué… sous divers pseudonymes.)

il est fait mention de la Terrine de Nérac en des termes des plus élogieux ( page 240 et 241 )



LA GUIRLANDE DES MARGUERITES

CXIX

Les terrines de Nérac

Parmi tous les grands noms que ton blason cumule,

Et même au premier rang doivent être cités,

Nérac, les artisans de ces divins pâtés

De perdreaux désossés que la truffe stimule.

S’ils ont au ciel jaloux dérobé leur formule,

Ces cuisiniers fameux, si leurs produits vantés

Ont conquis l’univers, nul ne les a chantés:

Taverne est moins connu que Tertre son émule.


Et c’est pourtant par eux, ville chère au gourmet,

Qu’au monde une autre fois ta gloire se transmet,

Et que ton nom rayonne à l’éclat des vitrines.


Quand ton histoire allait sombrer dans les farines,

La truffe, ce parfum ! Le perdreau, ce fumet !

L’ont remise en l’honneur conservée en terrines.

Beaucoup d’écrits en attestent, la terrine de Nérac, a eu son heure de gloire. Sa renommée commença au milieu du XVIIème siècle, elle atteint au XIXème siècle une renommée internationale. Réputé et appréciée dans grand nombre de cours et de capitales européennes, par quel miracle, ou mauvais hasard, est-elle tombée dans l’oubli?

Un petit cercle d’Épicuriens, passionnés d’Histoire, m’ont contacté pour me proposer de me joindre à eux, afin de mener une enquête… « Histoirogastronomique » l’objectif: essayer de retrouver le secret de la recette oubliée, c‘est ça aussi l‘histoire, je pense sincèrement que cet art culinaire fait partie de notre identité régionale et patrimoniale au même titre que son patrimoine architectural et historique. Ces recherches vont être passionnantes, ce n’est pas de l’alchimie; mais ça y ressemble!!! plus tendance Escoffier que Nicolas Flamel, mais après tout, à chacun son Graal et ma foi c’est la saison qui fait le larron, c’est en tout cas le bon moment pour trouver le gibier et les produits adéquats…

Oyé, Oyé, on ne sait jamais, regardez dans vos greniers ou caves, peut-être avez-vous encore le contenant. Au XIXème siècle la terrine était en terre, émaillée en blanc, avec comme inscription, en bleu foncé: Terrine de Nérac.

Si vous avez des indices, ou quelques suggestions concernant cette recette, n’hésitez pas à me contacter.

Je ne manquerai pas de vous tenir au courant concernant nos investigations et l’avancement de nos recherches « culinairohistoriques »…

                                                                                                                Gildas

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 18:58



La terrine de Nérac.

Il y a dans l’Histoire, la petite Histoire, celle bien sûr qui ne change pas la destinée d’un pays, mais qui nous donne l’atmosphère d’un lieu, à  une époque donnée, ce qui nous permet d’appréhender avec plus de discernement la grande Histoire.

 

 Peintre et Dessinateur: Desportes Alexandre-François(1661-1743) peinture daté de1722

 

     Nous savons très peu de choses concernant la recette originelle de la terrine de Nérac, cependant quelques récits et lettres, nous permettent de retracer une partie de son histoire.

C’est grâce à un cuisinier, un dénommé, Taverne que la terrine de Nérac acquit sa renommée non seulement en France mais aussi dans l’Europe entière.

Ce Taverne, a bénéficié du passage de personnages importants à Nérac pour bâtir sa solide réputation en tant « qu’excellant pâtissier. »

(au XVIIIème siècle, on appelait pâtissiers les personnes qui confectionnaient, les tourtes, pâtés en croûte, terrines et autres.)

Ces personnes de qualités ayant goûté et apprécié, ce met de choix, ramenèrent du séjour qu’ils avaient effectué à Nérac, les fameuses terrines, ils les firent déguster à leurs proches, qui à leurs tour …etc, etc. C’est à Bordeaux que remonte la première trace d’un commerce d’importance avec ce produit. Il existe quatre lettres qui se trouvent aux archives de la Gironde. ( série c 613) Deux de ces lettres sont de 1769, une autre de 1777 et la dernière de 1779.

Elles parlent d’un dénommé Duprat, dépositaire à Bordeaux, des envois faits par ses soins à Christian VII, roi du Danemark, à M Bertin, ministre d’Etat, à M Fargues, Intendant, et à la Marquise de Saumery, à Blois, …

Les ingrédients qui entraient dans la composition de cette terrine étaient bien sûr les perdrix et les truffes. Ouvrons une parenthèse pour rappeler que Taverne n’est sans doute pas l’inventeur de cette recette mais que déjà, 400 ans auparavant, en 1356, le chapelain du roi Jean le Bon, Gasse de la Vigne, pour distraire son roi prisonnier des Anglois à Poitier, écrivit un ouvrage sur la chasse dans lequel il donne la recette d’un pâté en croûte: « …3 perdreaux gras, placés au centre, entourés de 6 cailles, et, sur le tout, 12 alouettes, avec un peu de lard non rance, taillés en dés, du verjus, du sel et du poivre… »

Brantôme écrit: « … de bons grands pastez que l’on a montez depuis quelque temps avec force pistaches, pignons et autres drogues d’apothicaire scaldatives, mais surtout des crestes et culs de coqs…Et des pastez ainsi de menusailles, de ces petits coqs et culs d’artichauts et trufles ou autres friandises chaudes, en usent souvent quelques dames que j’ay ouï dire … »

On associait déjà la truffe à l’artichaut à cette époque, en 1581, il y eut eu repas pour le baptême d’un fils de Bertrand de Mazelières, à ce banquet se trouvait Henri de Navarre en sa qualité de parrain de l’enfant, nous avons la trace de ce repas aux Archives des Basses Pyrénées. Le receveur de la ville porta en compte la somme de 6 livres: «  …paiement de la sage-femme et du pâtissier qui avait fourni des pâtés de venaison et d f’artichauts … »

Revenons à Taverne et à sa terrine, on ignore la date exacte de son installation à Nérac, le document qui témoigne du commerce qu’exerçait Taverne, est le compte des dépenses occasionnées pour la venue du Duc de Richelieu l’hors d’un repas organisé en son honneur, le 10 novembre 1763. «  …ce soir là, il y eut un grand dîner de 40 couverts dans la grande salle du collège et de 20 couverts dans une autre. »

Ce fut Taverne qui eut l’honneur d’être chargé de ce magnifique souper à trois services, relevé par un dessert brillant. Les comptes furent établis le15 janvier 1764 et le receveur put écrire: « …Au sieur Larrufie, marchand pour cocardes fournies aux trompettes, tambours, fifres, et sergent de ville.

Ce compte des dépences établit donc que Taverne officiait bien à Nérac dès 1763 et qu’il avait déjà acquit une grande notoriété, celle, d’excellent cuisinier.

Dans un ouvrage intitulé « Nérac et le château Henri IV » écrit par M. Durey à la page 148, est dit que Taverne tenait auberge rue Fontindelle «  …c’est la maison étroite et haute, quoique très basse de plafond au rez-de-chaussée, qui porte le numéro 27, rue Fontindelle. Vers le milieu du siècle et pendant plus de 20 ans, une bonne femme, très connue à Nérac, confectionna à cet adresse, des pâtés de porc… » la perdrix étant devenue rare sans doute!!!

Une commande, faite en janvier 1777 par la Marquise de Saumery, était accompagnée d’une recommandation: « …assaisonner de façon à n’être mangée qu’à Pâques, parce que les truffes et les perdrix sont meilleures à présent qu’au mois de mars… »

En 1778, M. Latapie, inspecteur des Manufactures, de passage à Nérac, notait:

« …les conserves du sieur Taverne, aubergiste à Nérac, sont devenues fameuses. Ce sont des pâtés de perdrix confits dans du saindoux et garnis de truffes. Ils se conservent des années entières sans se gâter. On en transporte non seulement à Bordeaux et à Paris mais dans le Nord… » (Archives Historique de la Gironde XXXVIII, page339)

Le 30 septembre 1776, à Nérac, sieur Pierre Taverne, tenant l’hôtel de Bouillon, en cette ville, faisait établir une procuration donnant pouvoir à sa femme Catherine Labat d’assister, conjointement avec ses parents, à la vente de la métairie du Rey, en la paroisse de Durance. (Mellac, notaire à Nérac) S’Appeler Taverne et appeler son Hôtel Bouillon, ne serais-se pas les prémisses de la publicité ou tout du moins une bonne communication!! A noter quand même que le nom qu’il donne à son hôtel est un nom prestigieux que portait Godefroy-Charles-Henri de La Tour d’Auvergne, Duc de Bouillon et d’Albret…

D’après J.F Samazeuilh, la notoriété de la terrine de Nérac viendrait de la qualité des truffes locales. On délaissait la truffe du Périgord et du Quercy. On préférait utiliser la truffe blanche de Sos ou la truffe de Mézin, ça pouvait être celle de Poudenas, de Puch, de Lisse, Pompiey et même de Nérac…

A partir de 1820 il n’y a plus aucune trace de ce cuisinier d’exception qui était le sieur Taverne.

Au sieur Taverne, traiteur, pour souper et les soins apportés à les préparer: 185 livres.

Aux sieurs Delgay, Pompignan, Laurent et autres adjoints dudit Taverne: 18 livres.

A soupirant, boucher, pour viande: 36 livres 13 sols … »

Texte ou la terrine de Nérac est mentionnée après 1820

« …C'est un spectacle touchant que celui d'un riche magasin de comestibles au mois de février. Dans la boutique des Chevet et Corcelet, on voit se presser la dinde appétissante, le pâté de foies de canards, celui de Périgueux, de Chartres ou de Strasbourg,, la terrine de Nérac , la hure de Troyes, la truffe de Périgord, les produits nutritifs de la France entière…» ( Dictionnaire de cuisine et d'économie ménagère

Par Burnet - 1836 )

« …Quantité de petites villes, toujours de ce côté de la France , regorgent de renommée pour l'apprêt et la confection des truffes. Les principales sont Ruffec, Périgueux, Barbezieux, Angoulême, Limoges, Brives, Sarlat, Bergerac et Nérac; mais leurs connaissances en l'article sont, on peut te dire encore, très circonscrites. Toutes les confections à froid manquent également de perfection. Les terrines de Nérac tant vantées, les pâtés de Périgueux, ont, comme on sait, une farce grasse, fortement épicée, et dans laquelle domine le lard pilé… » De la truffe, par Moynier, James B. Herndon 1836, page 151 )

 

Extrait la Comédie-Vaudeville en cinq actes, La cagnotte

Par Eugène Labiche et Alfred Delacour

Représentée pour la première fois sur le Théâtre du Palais-Royal, le 22 février 1864.

Champbourcy, au garçon. - Trois tranches de melon.

Il passe la carte à Cordenbois.

Benjamin. - Bien, monsieur... Après?

Cordenbois, lisant sur la carte. - Terrine de Nérac.

Colladan. - Oui... oui... j'aime assez ça... je ne sais pas ce que c'est, mais j'aime assez ça!

Cordenbois. - Il y a des truffes là dedans...

Benjamin. - Oui... oui...

Champbourcy, à Cordenbois. - Combien?

Cordenbois. - Deux francs...

Champbourcy. - Ca n'est pas cher...

Colladan. - Ca n'est pas cher...

Champbourcy, (bas aux autres). - J'ai eu bon nez de vous conduire ici... les prix sont très raisonnables. (Haut au garçon.). Vous nous donnerez une terrine de Nérac.

Diner de Gala à bord du Paquebot "Normandie" (classe touriste 29 août 1936)

-Le Caviar Frais de Sterlet

-La Crème de Volaille Lavallière

- Les Filets de Sole des Gourmets

- Les Pigeonneaux en Cocotte Clamart
- Les Asperges Tièdes à l'huile Douce
- La Terrine de Foie Gras de Nérac
- La Salade Rose de Mai
- La Bombe Madeleine
- Les Mignardises
- La Corbeille de Fruits


Bibliographie:

Revue de L’Agenais octobre-décembre 1966. G. Lagrange-Ferregues.

De la truffe, par Moynier, James B. Herndon 1836

Dictionnaire de cuisine et d'économie ménagère, par Burnet - 1836 ) 
Archives Historique de la Gironde XXXVIII

M. Durey « Nérac et le château Henri IV »

Menu ( Musée de la mer de Paimpol )


                                                                                           Gildas


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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 11:08




 Un des châteaux ayant appartenu à la famille des Maillart avant sa destruction 
( Château de Andevanne )  


   Jean Colin-Maillart est un guerrier du pays de liège au Xème siècle, anobli par le roi Robert en 999, a son nom on aurait accolé celui de Maillart à cause du maillet redoutable dont il était armé. Le jeu de Collin-maillart ne serait qu'un souvenir et une imitation de ce fait.

On raconte que dans une bataille qu'il livrait au comte de Louvain il eut les yeux crevés et n'en continua pas moins de se battre, frappant au hasard tout autour de lui.

Château de Landreville ( 1er fief de la famille Maillard dans cette région)

 

 Un peu d'Histoire.
Le premier qui prit le nom de Maillart fut Jean COLEY dit Maillart, vers 985 il était surnommé « le Grand Maillart » parce que son arme favorite était une massue et parce qu’il mesurait six pieds et demi. Suivant Jean d’Outremeuse et Laurent Hélart, après s’être signalé à la tête des armées de la principauté de Liège en servant l’évêque de Liège, Notger, dont il était connétable, contre Lambert, comte de Louvain et se couvrit de gloire à la bataille de Wanze en 988 où plus de 20.000 hommes furent tués. Pour cela l’évêque comble de biens Jean Maillart et le fit chevalier en 999 (avec l’appuis du Roy de France Robert), lui donne une pension de mille florins et favorise son mariage avec la fille du riche Arnud de Selle et lui donne comme armoiries un écu d’argent sur un champ d’azur qui étaient celles des anciens comtes de Huy. Jean continue, sous l’évêque Baldéric de Looz, à commander l’armée liégeoise : battu à Hougarde, il ne tarda pas à prendre une éclatante revanche à Florenne où le comte de Louvain fut tué. On affirme que c’est d’après lui qu’on imagina le jeu de Colin-Maillart, ce qui paraît véritable, attendu que ce Coley de Maillart (surnommé Grand Maillart comme le remarque la chronique de Jean d’Outre-Meuse) eut, dans la dernière bataille qu’il livra victorieux contre les Frisons en 1017, sur la fin de l’action, les deux yeux crevés et qu’il se fit encore mener dans cet état en présence de ses ennemis par ses écuyers.

Pendant près de quatre siècles, la descendance de Jean Maillart ne cessa de guerroyer tantôt pour l’évêque de Liège, tantôt au comte de l’empire.

Le lion naissant (ou hissant) qui figure maintenant dans les armes de la maison de Maillart et la devise furent le prix de la valeur de Jean de Maillart, 3e du nom, qui arbora le premier sa bannière sur les murs de Milan emporté d’assaut en 1112 sous les yeux de l’empereur Henri V qui lui confia la charge de capitaine de ses gardes sur la route de Rome contre le Pape Pascal II contraire à son investiture et donc de son couronnement. Ces armes, qu’elle n’a jamais cessé de porter, lui ont été maintenues en vertu d’une sentence rendue par M. de Caumartin, intendant de Champagne, le 15 octobre 1670.


Le blason des Maillart

Armes : D’azur, à un écusson d’argent en abîme et surmonté d’un lion naissant du même, armé et lampassé de gueules, mouvant du bord supérieur de l’écu. Les armoiries se complètent avec des deux cotés les, supports: Licorne d’argent hissant à gauche et lévrier du même hissant à droite, colleté de gueules et bouclé d’or. (dans certains textes ils sont, au contraire, inversés).

L’écu : est timbré d’un casque taré de front, orné de ses lambrequins d’azur et de gueules et sommé d’une couronne de marquis. Cimier, un cerf issant d’argent, ramé d’or.

Devise : « Etiam nascendo tremendus », en lettres d’argent sur une banderole d’azur.
La base de ce blason existe depuis 1112. Le blason et ses Armoiries se trouvent à l'entrée principale du Château de Landreville (blason central du portail), sur la cheminée monumentale de la salle principale Est du Château de Landreville, sur la chapelle familiale dans le cimetière de Bayonville.


 

 

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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 14:13


             porte-XVI--me-si-cle-005.jpg
 
Je ne peux exactement vous dire depuis quand , mais ça fait longtemps, très longtemps que cette porte n’a pas bougé. Non bien sûr je ne l’ai jamais oubliée, j’ai toujours su qu’elle était là, dans son coin, contre le mur, derrière un grand voile de toiles d’araignées et çà lui donnait un petit air pâlot et triste…

C’est peut-être aujourd’hui, non, pas peut-être, c’est aujourd’hui. J’attrape un balai,

la débarrasse de sa toile protectrice… voilà, c’est bien mieux… je la remets alors à sa place, la place qu’elle a toujours connue, la pièce du haut.

porte-XVI--me-si-cle-008.jpg

Elle en a vu dans cette pièce ! Des gens qui rentraient et sortaient, qui buvaient, mangeaient, dans les rires et la bonne humeur, elles en a même vu pleurer… Et puis des cols pointus, des cols ronds, avec dentelles, sans dentelle, des cols de curés, elle a même vu des fraises ! Les murs bleus pendant un moment , puis rouges; de nouveau bleus; elle a vu les meubles changer de place, revenir à leur place avant de disparaître un jour définitivement et être remplacés par d’autres…Elle a même vu partir celui qui en avait tant vu, lui aussi, sans jamais bouger de place… le grand miroir…
Elle se rappelle aussi des coups de pieds qu’elle recevait à la moindre résistance qu’elle offrait à s’ouvrir…
Et, un jour plus rien, le vide, le noir, l’oubli…
Le temps qui passe, les chandelles qui vacillent, des ombres
La pièce est vide…

DCP_0976.JPG

texte et photos Gildas


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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 16:53

 

Pour des clous

  C’est déjà les vacances de février pour moi et bonne résolution, aujourd’hui je m’active. Les restes d’un vieil escalier à éliminer. Éliminer, ce verbe est effrayant, je suis un monstre, il faut que je fasse quelque chose…

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L’heure où le devoir du souvenir nous est imposé…et avant que le droit de penser ne devienne dangereux, je vous invite à avoir, avec moi, une véritable pensée et même à prier avec recueillement et sincérité, pour des clous. 

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Oui , pour des clous mais, pas pour n’importe quels clous, non………pour des vieux clous, des clous forgés un à un, à partir de lingots de minerai de fer qu’il a fallu arracher au ventre de la terre, des clous…..oui mais, qui sentent la souffrance la sueur, la faim, la misère. Des clous qui sentent la peine des hommes, de ces hommes qui comptent pour des clous.

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Aujourd’hui j’ai quand même sauvé une poignée de clous du bûcher inquisiteur… 

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illustration: photos et texte Gildas


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